Le marché de la construction française aborde 2026 avec prudence, mais aussi avec détermination. Après plusieurs années de ralentissement, notre analyse des + 15 000 opérations programmées cette année révèle une dynamique de reprise orientée vers la transformation et la rénovation des actifs existants.
Nous avons analysé les projets portés par des maîtres d’ouvrage professionnels sur les 12 principales métropoles françaises. Voici ce que les données nous disent sur l’année à venir.
Paris : la capitale de la diversité
Le Grand Paris se distingue clairement avec 1 198 projets, soit près de 8% du volume national. Mais c’est surtout la diversité exceptionnelle des actifs qui frappe : avec 13 types de projets différents, la métropole parisienne est la seule à couvrir un spectre aussi large, incluant même des infrastructures ferroviaires et énergétiques. Cette variété témoigne d’une économie urbaine complexe où cohabitent habitat, bureaux, santé, logistique et équipements publics.
À titre de comparaison, la plupart des autres métropoles se concentrent sur 8 à 10 typologies de projets, avec une nette prédominance du résidentiel.
La rénovation s’impose comme priorité
Un constat s’impose à la lecture des tops projets : la réhabilitation domine largement les opérations de grande envergure. Sur les 60 principaux chantiers analysés (top 5 de chaque métropole), près de 60% intègrent une dimension de réhabilitation, restructuration ou rénovation.
La métropole d’Aix-Marseille-Provence illustre parfaitement cette tendance avec 3 des 5 plus grands projets dédiés à la réhabilitation de logements collectifs : la Résidence Bricarde et Castellane (1 053 logements), la Cité Notre Dame des Marins (743 logements), la Résidence Saint Barthélemy (672 logements).
Le logement collectif, priorité nationale
Le résidentiel représente 57% des projets identifiés sur l’ensemble du territoire, confirmant l’importance de redynamiser le marché du logement. Mais toutes les métropoles ne sont pas logées à la même enseigne.
Lille se démarque avec 72,1% de projets résidentiels, le taux le plus élevé parmi les grandes métropoles, témoignant d’une forte pression sur l’habitat dans les Hauts-de-France. À l’inverse, le Grand Paris affiche un équilibre plus diversifié avec « seulement » 67,5% de résidentiel, reflétant son statut de capitale économique où les bureaux et équipements occupent une place importante.
Les méga-projets : entre ambition et transformation
L’analyse des plus grandes opérations révèle des stratégies métropolitaines contrastées :
Paris concentre les opérations les plus ambitieuses : Green Dock à Gennevilliers (92 084 m²) pour la logistique, le nouvel hôpital de l’AP-HP à Saint-Ouen (225 000 m²), et la transformation emblématique de la Tour Montparnasse (129 600 m²).
Toulouse se singularise avec majoritairement des projets neufs dans son top 5 : Tour Occitanie (bureaux, hôtel, logements), data center H&DC, bureaux Daurat, opération mixte de la ZAC Grand Matabiau… Seul le chantier Airbus intègre une dimension d’extension sur l’existant, pour l’agrandissement de ses ateliers d’assemblage. Cette singularité reflète le dynamisme économique de la métropole, portée par l’aéronautique et la tech.
Le tertiaire se repositionne
Si le résidentiel domine en volume, l’immobilier d’entreprise occupe une place significative, avec des disparités marquées selon les territoires. Bordeaux (26,3%), Lyon (18,8%) et Toulouse (21,9%) misent fortement sur le développement de bureaux et de locaux d’activités, portés par leur attractivité économique.
Le data center s’impose comme une nouvelle typologie incontournable : présent à Marseille (Telehouse, 60 000 m²), Nice (site multifonctionnel de Broc, 15 000 m²), Toulouse (H&DC, 25 000 m²) et Grenoble (DataOne, 28 980 m²), il témoigne de la numérisation accélérée de l’économie.
La santé et l’enseignement, piliers du service public
Les établissements de santé et d’enseignement font l’objet d’investissements majeurs dans plusieurs métropoles, confirmant leur rôle structurant dans le tissu urbain.
- Nantes avec son campus hospitalo-universitaire (46 600 m²)
- Paris avec le nouvel hôpital de l’AP-HP (225 000 m²)
- Marseille avec l’extension de l’Hôpital de la Timone (45 036 m²)
- Montpellier avec la Clinique du Parc (35 000 m²)
Ces équipements structurants reflètent une double ambition : répondre aux besoins croissants en santé et formation, tout en consolidant le rayonnement métropolitain.
2026 : un tissu d’acteurs dense et engagé
Avec 8 141 maîtres d’ouvrage distincts et 8 012 maîtres d’œuvre identifiés, le tissu d’acteurs reste dense et diversifié. Les opérations de plus de 10 000 m² représentent 1 305 projets, soit 8,5% du total, preuve que la majorité des chantiers concernent des opérations de taille intermédiaire, plus rapides à concrétiser.
La répartition public-privé penche nettement vers le privé : 71% des projets sont portés par des maîtrises d’ouvrage privées (promoteurs, bailleurs, investisseurs), confirmant leur rôle moteur dans la dynamique de construction.
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Méthodologie : Cette analyse s’appuie sur les données EXPLORE, qualifiées par enquête téléphonique auprès de 15 333 maîtres d’ouvrage, et reflète les projets dont le démarrage des travaux est prévu en 2026. Photographie au 1er janvier 2026.